Premarin : estrogènes conjugués

Premarin

Premarin : estrogènes conjugués, indications et mode d’emploi

Qu’est-ce que Premarin ?

Premarin est un médicament contenant des estrogènes conjugués. Il appartient à la classe des traitements estrogéniques et est principalement utilisé lorsque certains symptômes ou certaines pathologies sont associés à une diminution de l’activité estrogénique.

Les comprimés de Premarin sont disponibles en plusieurs dosages : 0,3 mg, 0,45 mg, 0,625 mg, 0,9 mg et 1,25 mg.

Les estrogènes exercent leurs effets en se liant aux récepteurs estrogéniques présents dans différents tissus. Après la ménopause, la diminution de la production ovarienne d’estrogènes contribue notamment aux symptômes vasomoteurs et aux modifications des tissus vulvaires, vaginaux et osseux.

Dans quels cas Premarin est-il utilisé ?

Premarin est indiqué notamment dans le traitement des symptômes vasomoteurs modérés à sévères liés à la ménopause, tels que les bouffées de chaleur.

Il peut également être utilisé dans le traitement des symptômes modérés à sévères de l’atrophie vulvaire et vaginale associée à la ménopause.

Lorsque les symptômes sont exclusivement vulvaires ou vaginaux, les recommandations officielles indiquent que les traitements vaginaux locaux doivent être envisagés.

Premarin possède également des indications dans certaines situations d’hypoestrogénie liées à un hypogonadisme, une castration ou une insuffisance ovarienne primaire.

Les estrogènes conjugués peuvent enfin être utilisés pour la prévention de l’ostéoporose postménopausique. Lorsque la prévention de l’ostéoporose constitue la seule indication, ce traitement doit être envisagé principalement chez les femmes présentant un risque important d’ostéoporose, après considération des traitements non estrogéniques.

Premarin et symptômes de la ménopause

La diminution de la production d’estrogènes pendant la transition ménopausique peut provoquer des symptômes vasomoteurs.

Les manifestations typiques comprennent :

  • bouffées de chaleur ;
  • sueurs nocturnes ;
  • perturbation du sommeil secondaire aux symptômes vasomoteurs.

L’estrogénothérapie systémique constitue un traitement pharmacologique efficace des symptômes vasomoteurs de la ménopause chez les femmes pour lesquelles elle est appropriée.

Premarin ne doit toutefois pas être utilisé comme simple traitement général du vieillissement ou du bien-être. Son utilisation repose sur une indication médicale précise et une évaluation individuelle du rapport bénéfice-risque.

Premarin et atrophie vulvovaginale

La diminution des estrogènes après la ménopause peut entraîner un amincissement et une modification des tissus vulvaires et vaginaux.

Les symptômes peuvent comprendre :

  • sécheresse vaginale ;
  • irritation ;
  • sensation de brûlure ;
  • inconfort vaginal ;
  • douleurs pendant les rapports sexuels.

Un traitement estrogénique peut améliorer les modifications tissulaires associées à la carence estrogénique.

Lorsque ces symptômes constituent le seul problème à traiter, un traitement vaginal local doit être envisagé plutôt qu’une exposition systémique inutile aux estrogènes.

Comment prendre Premarin ?

Premarin est administré par voie orale.

Les comprimés peuvent être pris avec ou sans nourriture.

Le principe général du traitement est d’utiliser la dose efficace la plus faible pendant la durée compatible avec les objectifs du traitement et les risques individuels.

La nécessité de poursuivre le traitement doit être réévaluée périodiquement.

Posologie pour les symptômes de la ménopause

Pour le traitement des symptômes vasomoteurs modérés à sévères dus à la ménopause, la dose initiale indiquée dans l’information officielle est généralement de :

0,3 mg une fois par jour.

La dose peut ensuite être ajustée selon la réponse clinique individuelle.

Le traitement peut être administré :

  • de manière continue, sans interruption ;
  • ou selon un schéma cyclique, par exemple 25 jours de traitement suivis de 5 jours sans traitement.

Le choix entre administration continue et cyclique doit être individualisé.

Posologie pour l’atrophie vulvaire et vaginale

Pour les symptômes modérés à sévères de l’atrophie vulvaire et vaginale associée à la ménopause, la dose initiale orale est généralement :

0,3 mg par jour.

La dose peut être modifiée en fonction de la réponse au traitement.

Là encore, Premarin peut être utilisé de façon continue ou selon un schéma cyclique lorsque cette approche est médicalement appropriée.

Posologie en cas d’hypoestrogénie

Dans l’hypogonadisme féminin, l’information officielle indique notamment des doses de 0,3 mg ou 0,625 mg par jour, administrées de manière cyclique, par exemple trois semaines de traitement suivies d’une semaine d’interruption.

La dose est ajustée en fonction de la gravité des symptômes et de la réponse de l’endomètre.

Les autres causes d’hypoestrogénie peuvent nécessiter des schémas différents déterminés selon l’indication clinique.

Premarin et prévention de l’ostéoporose

Les estrogènes ralentissent la résorption osseuse. Après la ménopause, la diminution des estrogènes accélère la perte de masse osseuse et contribue au risque d’ostéoporose.

Pour la prévention de l’ostéoporose postménopausique, le traitement est généralement commencé à 0,3 mg par jour, puis ajusté selon la réponse clinique et la densité minérale osseuse.

Premarin ne constitue cependant pas automatiquement le premier choix lorsqu’une femme ne présente aucun autre symptôme nécessitant un traitement estrogénique. Pour la seule prévention de l’ostéoporose, les alternatives non estrogéniques doivent être prises en considération.

Femme avec utérus : pourquoi un progestatif peut-il être nécessaire ?

Chez une femme ménopausée ayant conservé son utérus, l’administration d’estrogènes seuls augmente le risque d’hyperplasie de l’endomètre et de cancer de l’endomètre.

Pour cette raison, lorsqu’un estrogène systémique est prescrit à une femme ayant un utérus, l’association d’un progestatif doit généralement être envisagée afin de réduire ce risque.

Chez une femme ayant subi une hystérectomie, un progestatif n’est habituellement pas nécessaire. Certaines femmes hystérectomisées ayant des antécédents d’endométriose peuvent cependant constituer une exception.

Contre-indications importantes

Premarin ne doit pas être utilisé dans plusieurs situations, notamment en présence de :

  • saignement génital anormal non diagnostiqué ;
  • cancer du sein connu, suspecté ou antérieur, sauf situations oncologiques particulières prévues par l’indication ;
  • néoplasie estrogéno-dépendante connue ou suspectée ;
  • thrombose veineuse profonde ou embolie pulmonaire active ou antérieure ;
  • maladie thromboembolique artérielle active ou récente, notamment accident vasculaire cérébral ou infarctus du myocarde ;
  • maladie ou dysfonction hépatique ;
  • trouble thrombotique connu ;
  • réaction anaphylactique ou angio-oedème connu après Premarin ;
  • grossesse.

Un saignement vaginal inexpliqué chez une femme ménopausée doit être évalué avant de poursuivre ou d’instaurer une estrogénothérapie.

Risques cardiovasculaires et thromboemboliques

Les estrogènes systémiques ne doivent pas être utilisés dans le but de prévenir une maladie cardiovasculaire.

Les données issues des études sur l’hormonothérapie postménopausique ont montré une augmentation de certains risques cardiovasculaires et thromboemboliques dans des populations traitées par estrogènes seuls ou par certaines associations estrogène-progestatif.

Les facteurs de risque individuels doivent donc être évalués avant le traitement, notamment :

Risque de cancer de l’endomètre

Chez une femme ayant un utérus, l’utilisation prolongée d’estrogènes sans opposition progestative augmente le risque de cancer de l’endomètre.

L’ajout approprié d’un progestatif réduit le risque d’hyperplasie endométriale, qui constitue un précurseur du cancer de l’endomètre.

Tout saignement vaginal persistant, récurrent ou inexpliqué pendant ou après un traitement hormonal doit être évalué.

Effets indésirables possibles

Les effets indésirables observés avec les traitements estrogéniques peuvent notamment comprendre :

  • sensibilité ou douleur mammaire ;
  • céphalées ;
  • douleurs abdominales ;
  • nausées ;
  • ballonnements ;
  • saignements vaginaux ou spotting ;
  • modifications des sécrétions vaginales ;
  • rétention hydrique.

La survenue d’une douleur thoracique, d’un essoufflement brutal, d’une douleur ou d’un gonflement d’une jambe, d’un trouble neurologique brutal, d’une perte soudaine de la vision ou d’un saignement vaginal inexpliqué nécessite une évaluation médicale rapide.

Surveillance pendant le traitement

La dose et la nécessité du traitement doivent être réévaluées périodiquement.

La surveillance est individualisée en fonction de l’âge, des antécédents, de la présence ou non d’un utérus, de la durée du traitement et des facteurs de risque cardiovasculaire, thromboembolique, osseux et oncologique.

Le traitement estrogénique doit être maintenu à la dose efficace la plus faible pendant la durée nécessaire pour atteindre les objectifs thérapeutiques, avec une réévaluation clinique périodique.