Libido féminine

Libido féminine : quels médicaments sont utilisés en cas de baisse du désir sexuel ?

La baisse de la libido féminine peut avoir des causes endocriniennes, gynécologiques, neurologiques, psychologiques ou médicamenteuses. Elle peut notamment être associée à la ménopause, à certains antidépresseurs, à des troubles du sommeil, à une douleur pendant les rapports ou à certaines maladies chroniques.

Une diminution occasionnelle du désir sexuel ne constitue pas nécessairement une maladie. En pharmacologie, les traitements spécifiques concernent principalement le trouble du désir sexuel hypoactif, ou HSDD (Hypoactive Sexual Desire Disorder), caractérisé par une diminution persistante du désir associée à une souffrance cliniquement significative et qui ne s’explique pas mieux par une autre affection, un médicament ou des difficultés relationnelles.

Les principaux traitements pharmacologiques étudiés ou utilisés sont la flibansérine, le brémélanotide et, dans certaines situations particulières, la testostérone. Les estrogènes et certains traitements de la ménopause peuvent améliorer la fonction sexuelle lorsqu’une sécheresse ou une douleur génitale constitue le problème principal, mais ils ne sont pas des stimulants directs de la libido.

Flibansérine : traitement pharmacologique du faible désir sexuel

La flibansérine est un médicament agissant au niveau du système nerveux central. Son action implique principalement les systèmes sérotoninergique, dopaminergique et noradrénergique.

Elle agit notamment comme agoniste des récepteurs 5-HT1A et antagoniste des récepteurs 5-HT2A. Son mécanisme exact dans le traitement du faible désir sexuel n’est cependant pas entièrement élucidé.

La flibansérine est commercialisée sous le nom Addyi.

Elle est utilisée pour traiter certaines femmes présentant un HSDD acquis et généralisé, c’est-à-dire un faible désir qui n’était pas présent auparavant et qui ne se limite pas à un partenaire ou à une situation particulière.

Comment utilise-t-on la flibansérine ?

Contrairement à un médicament pris juste avant un rapport sexuel, la flibansérine constitue un traitement quotidien.

Elle n’agit donc pas comme le sildénafil utilisé dans la dysfonction érectile masculine et ne provoque pas une excitation sexuelle immédiate après la prise.

Les essais cliniques ayant conduit à son autorisation ont montré une amélioration statistiquement significative mais quantitativement modeste de certains paramètres du désir et de la fonction sexuelle par rapport au placebo.

La flibansérine peut provoquer notamment :

  • vertiges ;
  • somnolence ;
  • nausées ;
  • fatigue ;
  • hypotension ;
  • syncope.

Les interactions avec l’alcool et avec certains médicaments qui modifient son métabolisme doivent être prises en compte en raison du risque d’hypotension, de syncope et de dépression du système nerveux central.

Brémélanotide : traitement utilisé avant l’activité sexuelle

Le brémélanotide, commercialisé notamment sous le nom Vyleesi, appartient à une autre classe pharmacologique.

Il s’agit d’un agoniste des récepteurs de la mélanocortine. Son effet sur le désir sexuel implique une action centrale, mais le mécanisme précis par lequel il améliore le HSDD n’est pas totalement établi.

Le brémélanotide est indiqué aux États-Unis pour certaines femmes préménopausées présentant un HSDD acquis et généralisé.

Il n’est pas indiqué simplement pour augmenter les performances sexuelles d’une femme ne présentant pas ce trouble.

Comment le brémélanotide est-il administré ?

Le brémélanotide est administré par injection sous-cutanée.

La dose recommandée dans l’information officielle américaine est de 1,75 mg, administrée dans l’abdomen ou la cuisse au moins 45 minutes avant l’activité sexuelle prévue.

Il ne faut pas administrer plus d’une dose en 24 heures. L’utilisation de plus de huit doses par mois n’est pas recommandée.

Le traitement doit être interrompu en l’absence d’amélioration après huit semaines.

Effets indésirables du brémélanotide

La nausée constitue l’un des effets indésirables les plus fréquents. Des vomissements, bouffées vasomotrices, céphalées et réactions au site d’injection peuvent également survenir.

Le brémélanotide peut provoquer une augmentation transitoire de la pression artérielle et une diminution de la fréquence cardiaque.

Il est contre-indiqué notamment en cas d’hypertension artérielle non contrôlée ou de maladie cardiovasculaire connue.

Une hyperpigmentation focale, notamment du visage et des gencives, a également été rapportée.

Testostérone et libido chez la femme

La testostérone joue également un rôle dans la physiologie sexuelle féminine.

Son utilisation chez la femme est cependant différente de celle des traitements précédents. Dans plusieurs pays, aucun produit à base de testostérone n’est spécifiquement homologué pour traiter le HSDD féminin, ce qui implique une utilisation hors autorisation de mise sur le marché lorsqu’elle est prescrite à cette fin.

Les données scientifiques disponibles soutiennent principalement son utilisation chez certaines femmes postménopausées présentant un HSDD diagnostiqué, après exclusion des autres causes possibles de diminution du désir.

L’objectif n’est pas d’obtenir des concentrations supraphysiologiques de testostérone. Les traitements doivent maintenir les concentrations dans la plage physiologique féminine.

Une exposition excessive aux androgènes peut provoquer :

  • acné ;
  • augmentation de la pilosité ;
  • alopécie androgénétique ;
  • autres manifestations d’hyperandrogénie.

Les formulations ou doses destinées aux hommes ne doivent pas être transposées directement à la femme sans adaptation et surveillance médicale.

Estrogènes : peuvent-ils augmenter la libido ?

Les estrogènes ne constituent pas un traitement pharmacologique spécifique du HSDD.

La baisse des estrogènes pendant la ménopause peut cependant provoquer une sécheresse vaginale, une diminution de la lubrification, une fragilité des tissus génitaux et des douleurs pendant les rapports.

Dans cette situation, un traitement estrogénique approprié peut améliorer le confort sexuel en traitant les symptômes liés au syndrome génito-urinaire de la ménopause.

Les estrogènes vaginaux peuvent notamment être utilisés lorsque les symptômes sont principalement locaux.

Cette amélioration du confort ne doit pas être confondue avec un effet pharmacologique direct sur le désir sexuel. Les données disponibles ne permettent pas de considérer l’hormonothérapie estrogénique comme un traitement destiné en elle-même à augmenter la libido.

Ospémifène : traitement de la douleur sexuelle, pas directement de la libido

L’ospémifène est un modulateur sélectif des récepteurs aux estrogènes.

Il peut être utilisé chez certaines femmes postménopausées pour traiter une dyspareunie modérée à sévère associée à l’atrophie vulvovaginale.

Son objectif pharmacologique est donc différent de celui de la flibansérine ou du brémélanotide : il traite principalement les modifications tissulaires responsables de rapports sexuels douloureux et n’est pas un médicament stimulant directement le désir sexuel.

Sildénafil et tadalafil sont-ils efficaces chez la femme ?

Le sildénafil et le tadalafil sont des inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (PDE5).

Chez l’homme, ils facilitent la réponse érectile en augmentant l’effet du monoxyde d’azote et le taux de GMP cyclique dans les tissus érectiles.

Ils ne sont pas homologués par la FDA comme traitements du HSDD chez la femme.

L’augmentation du flux sanguin génital et l’augmentation du désir sexuel sont deux phénomènes différents. Les inhibiteurs de PDE5 ne doivent donc pas être considérés comme les équivalents féminins du Viagra pour traiter une baisse généralisée de la libido.

Antidépresseurs et diminution de la libido

Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et certains autres antidépresseurs peuvent provoquer des effets indésirables sexuels.

Ils peuvent notamment entraîner :

  • diminution du désir ;
  • difficultés d’excitation ;
  • diminution de la lubrification ;
  • retard ou absence d’orgasme.

Lorsqu’une baisse de libido apparaît après le début d’un traitement antidépresseur, le problème doit être distingué d’un HSDD spontané.

Selon la situation clinique, le prescripteur peut envisager une modification de la dose, un changement de traitement ou une autre stratégie. Un antidépresseur ne doit pas être interrompu brutalement sans avis médical.

Avant de traiter une baisse de libido

Avant d’utiliser un traitement pharmacologique, il faut rechercher les causes susceptibles d’expliquer la diminution du désir.

L’évaluation peut notamment rechercher :

  • effets indésirables de médicaments ;
  • dépression ou autre trouble psychiatrique ;
  • douleurs pendant les rapports ;
  • sécheresse vaginale ;
  • symptômes de la ménopause ;
  • troubles endocriniens lorsqu’ils sont cliniquement suspectés ;
  • maladie chronique ;
  • facteurs relationnels ou contextuels.

Cette distinction est importante car la flibansérine et le brémélanotide sont destinés à des formes particulières de faible désir sexuel et ne constituent pas des stimulants sexuels universels.